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  • Gentiane Gastaldi

Comment améliorer la performance environnementale de vos produits alimentaires ?

Mis à jour : il y a 7 jours


Nous l’avons vu dans un article précédent, le secteur agro-alimentaire se situe à la croisée de multiples enjeux de durabilité, et particulièrement environnementaux. Dans ce contexte, comment l’entreprise peut-elle créer de la valeur et innover tout en réduisant les impacts environnementaux de ses activités ?

De nombreuses entreprises relèvent aujourd’hui ce défi, avec des propositions très variées : de la réduction de l’emballage au biomimétisme, découvrez avec nous chaque jour un nouvel exemple d’éco-conception appliqué à l’agroalimentaire !




10. Cap sur l’algue !

Les régimes alimentaires évoluent, les entreprises accompagnent le mouvement avec de nouveaux produits, en particulier sources de protéines : légumineuses, insectes, algues... Largement utilisées dans les cuisines traditionnelles en Asie, celles-ci gagnent du terrain en Occident, comme par exemple la spiruline, riche en protéines et vitamines, prioritairement utilisée comme complément alimentaire.

Le développement des régimes végétariens et végétaliens booste la demande. Plusieurs producteurs de spiruline ont vu le jour ces dernières années en France, ils parient sur le commerce local mais aussi sur la vente en ligne.


Spiruline des Olonnes propose de la spiruline en granulés, en poudre ou même en miel directement à la ferme, sur les marchés ou bien sur sa boutique en ligne.


Algama va plus loin en développant des recettes à base de spiruline et de chlorella pour remplacer la viande et les produits animaux et créer des aliments à haute valeur nutritive. L’objectif d’Algama est de démocratiser et promouvoir l’algue en tant qu’alternative « tendance » à la viande.

Pour aller plus loin, le site web de Spiruline des Olonnes© contient une boutique en ligne pour découvrir les produits disponibles et propose également des visites guidées de la ferme!

https://www.spirulinedesolonnes.com/


Le site internet de Algama© explore les possibilités technologiques qu'offrent les algues à travers plusieurs innovations de la FoodTech.

https://algamafoods.com/





9. Le « retour en avant »


L’innovation ne se trouve pas toujours dans le radicalement nouveau, elle se déguise parfois en renouant avec des pratiques ancestrales. C’est notamment le cas dans les techniques de conservation des produits. Le salage, l’appertisation, la fermentation, le séchage et bien d’autres procédés ont été développés par les civilisations au cours des siècles et sont encore aujourd’hui les procédés de conservation les plus performants. Par nature, ces procédés traditionnels sont économes en énergie. Intégrer ces procédés à la réflexion pour la conception de nouveaux produits est donc un puissant facteur d’éco-innovation.

La Préserverie confectionne des bocaux de légumes préservés par fermentation lactique. Cette méthode ayant presque disparue avec l’arrivée de la conserve et de la pasteurisation, fonctionne en favorisant la croissance de certaines bactéries. Cette méthode permet à la fois d’éviter l’utilisation de procédés industriels couteux en énergie, et de proposer une méthode de conservation alternative qui préserve en grande partie les qualités nutritives du produit de départ. Cette méthode peut remplacer les conservateurs présents dans certains produits transformés comme le ketchup ou le houmous.

Pour aller plus loin, le site web de La Préserverie© revient en détail sur les qualités nutritionnelles de leurs produits.

https://www.lapreserverie.fr/



8. Viser des usines « radicalement sobres »

La consommation d’eau et d’énergie sont des postes de importants dans l’industrie agro-alimentaire. Mais il ne s’agit pas seulement de fermer les robinets ou d’éteindre la lumière en quittant une pièce pour avoir un réel impact sur ces postes. C’est l’ensemble de la chaine qu’il faut considérer afin d’identifier des axes d’éco-conception potentielle.


L’usine de production de lait en poudre de Nestlé, située à Lagos de Moreno au Mexique est un exemple ambitieux de réduction des consommations. Dans un pays où la ressource en eau est limitée, l’usine s’est donné l’objectif ambitieux d’atteindre « zéro consommation d’eau ». Rappelons qu’à l’heure actuelle, le traitement d’un litre de lait requiert deux litres d’eau. En récupérant la vapeur d’eau évaporée lors de la déshydratation du lait, l’Usine de Lagos a atteint son objectif et permet à Nestlé d’économiser 1,6 million de litres d’eau par an, soit 15% de l’eau consommée par l’ensemble des sites de production Nestlé basés au Mexique. Par la suite, l’objectif « zéro consommation d’eau » a été repris par d’autres unités de production au Brésil et des plans similaires devraient se développer en Afrique, en Californie, en Chine et au Pakistan dans les années à venir.

Pour aller plus loin, le rapport RSE datant de 2014 précise les engagements de Nestlé envers la préservation de l’environnement et l’économie d’eau.


https://www.nestle.com/sites/default/files/asset-library/documents/library/documents/corporate_social_responsibility/nestle-in-society-summary-report-2014-en.pdf



7. Peel Saver, un exemple de valorisation des co-produits


La production de déchets est un enjeu majeur de l’industrie agro-alimentaire. Les trois designers à l’origine de Peel Saver se sont penchés sur les pertes réalisées par les industries de transformation de la pomme de terre.

Comment transformer les épluchures des pommes de terre de façon à créer de la valeur ? Simone Caronni, Paolo Stefano Gentile et Pietro Gaeli en ont fait un emballage sans plastique destiné à la street-food. L’emballage, constitué uniquement d’amidon et de fibre provenant des déchets de pomme de terre, est à la fois solide et biodégradable. En recyclant ces déchets, les trois designers ont réussi à leur donner une valeur économique tout en réduisant l’impact environnemental et de l’industrie, et de la street-food.

Pour aller plus loin, l’article publié par les trois designers décrit la réflexion qui a donné lieu à la création du Peel Saver.

https://www.behance.net/gallery/69674825/Peel-Saver-ecological-fries-packaging



6. Les pâtes du MIT, ou comment optimiser l’impact de l’emballage et du transport


Lorsqu’une entreprise s’applique à limiter l’impact du transport et de l’emballage, elle cherche généralement à diminuer le volume et le poids de l’emballage de son produit. Cependant il est difficile pour l’entreprise de faire de réelle innovation sans impacter l’aspect de l’aliment. Alors comment allier apparence attractive et faible volume ? C’est la question sur laquelle se sont penchés des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), dans le cas particulier des pâtes. Les chercheurs ont retravaillé la composition alimentaire du produit et développé des pâtes passant d’une forme 2D, de faible encombrement, à une forme 3D, agréable au consommateur, par le simple contact avec l’eau. Cette transformation du produit est assurée par un film de gélatine et d’amidon. La gélatine se dilate au contact de l’eau et entraine une modification de la structure de la pâte.

Pour aller plus loin, le média du MIT propose des animations extraordinaires de la transformation des pâtes.

https://tangible.media.mit.edu/project/transformative-appetite/


5. Déshabiller son produit : l’engouement pour le vrac


Le packaging est un véritable atout marketing : il contient et préserve le produit et offre aussi un support pour promouvoir le produit et attirer l’œil du consommateur. Mais les critiques sur le suremballage s’accélèrent.

Pourtant ces dernières années, plus besoin de packaging pour plaire à une certaine clientèle : la tendance, c’est le vrac. Day by Day est une l’entreprise phare du vrac en France. Pâtes, farine, biscuit, confiserie, huiles, cosmétiques, produits ménagers et même alimentation animale, l’entreprise propose une grande diversité de produits. Les aoûts du vrac sont nombreux : moins d’emballage, moins de transport, le choix de la quantité pour le consommateur et des produits moins chers.

La clientèle « zéro déchet », croissante, fait basculer de plus en plus d’entreprise vers le vrac. Même les grandes enseignes s‘y mettent !





4. S’inspirer des saisons, une autre façon de s’approprier le biomimétisme


Le biomimétisme désigne le développement de solutions innovantes inspirées du vivant. Au-delà d’imiter des organismes vivants, agrandir le regard peut mener vers l’inspiration de la nature elle-même. L’adaptation à la rotation des saisons en offre un exemple : c’est le retour aux sources du manger de saison.


La vente de paniers comme le proposent les AMAP ou encore des entreprises comme les Boîtes @ meuh (Vente de produits en circuit court à toute heure en Ile-de-France), sont des exemples concrets d’une appropriation de la saisonnalité par le secteur agro-alimentaire. En évitant le stockage et la conservation longue durée, les impacts environnementaux sont réduits et les qualités nutritionnelles sont préservées.


Ce concept implique une grande réflexion autour de la chaine de production qui doit pouvoir s’adapter à la saisonnalité des produits utilisés. Les industriels de l’agro-alimentaire pourraient y trouver une opportunité d’innover et de diversifier la composition de leurs recettes. Un avantage subsidiaire est de sensibiliser les consommateurs à l’importance de consommer local et de saison !

Pour aller plus loin, le site internet Les Boîtes @ Meuh détaille la démarche de leur service de commande en circuit court.

https://www.lesboitesameuh.com



3. La double fonctionnalité des tasses à croquer de Tassiopée


Une autre piste pour éco-concevoir : élargir la fonctionnalité d’un produit, en multipliant ses fonctions. C’est ce qu’a fait Tassiopée, une jeune start-up basée à Paris qui propose à ses clients un gobelet original. Moins de déchets avec ces gobelets comestibles !

Le gobelet devient un ingrédient de la boisson ! La fonction principale du gobelet est élargie et s’enrichie même d’un intérêt culinaire.

L’équipe de Tassiopée ne s’est pas arrêtée à l’enjeu de la fin de vie : leurs tasses à croquer intègrent également la question des pratiques agricoles puisqu’elles sont composées d’ingrédients issus de l’agriculture biologique. Tassiopée s’efforce aussi de limiter les impacts du transport en privilégiant des produits de régions françaises.

Pour aller plus loin, le site web de Tassiopée illustre en détail comment déguster ces succulentes tasses :

https://www.tassiopee.com/



2. Le biomimétisme pour des émissions ciblées de fongicides


Comment la nature réagit-elle face à un problème similaire ? C’est la question que se posent les experts en biomimétisme lorsqu’ils recherchent une solution à un problème. Le biomimétisme s’applique à quasiment tous les secteurs, et l’agriculture n’y échappe pas. Exemple : Nanomik Biotechnology a développé une solution pour limiter l’utilisation de fongicides dans les vignes tout en préservant la production de raisin. En émettant des molécules volatiles, les plantes combattent naturellement les maladies fongiques et stimulent l’activation des systèmes de défense des plantes situées à proximité.

S’inspirant de ce principe, Nanomik a créé une solution d’encapsulation de ces molécules de défense. Lors de l’utilisation du produit, des capsules se fixent à la fois sur la plante et le champignon puis libèrent les molécules de façon contrôlée.


Pour aller plus loin, le site web de Nanomik apporte plus de détails sur le fonctionnement de cette technologie et dévoile les autres produits de l'entreprise, dédiés à augmenter la durée de vie des produits après achat.

https://www.nanomik-tech.com



1. Réduire la proportion des intrants les plus lourds en impacts : la saucisse «  végétalisée »

Photographie : Noortje Knulst


Des légumes chez le boucher ! Les scientifiques s’accordent sur l’importance de réduire notre consommation de viande. Carolien Neibling, designer hollandaise, s’est penchée sur la question en cherchant une solution appétissante qui permettrait de réduire la quantité de viande consommée. En collaboration avec un maître boucher et un chef spécialisé en gastronomie moléculaire, Carolien développe les « saucisses du futur » : des saucisses qui contiennent 20% de moins de viande que les recettes classiques. A la place ? Des légumineuses, des insectes, des fruits et légumes qui permettent de diversifier l’apport en protéines du produit. Le design appétissant des saucisses incite une transition en douceur vers une alimentation moins carnée…


Pour aller plus loin : Carolien Neibling raconte son histoire et sa démarche dans la vidéo ci-dessous. Une vraie leçon de réflexion et de design.

https://www.youtube.com/watch?v=B3LKtFAFHPY









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