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  • Quentin Bézier

Connaissez-vous le point commun entre l’aigle, les diatomées et les fourmis ?

Mis à jour : févr. 24


La réponse : ils ont tous inspiré des concepteurs pour élaborer des produits ou des procédés technologiques à impacts environnementaux réduits.

Cette inspiration à partir du vivant s’appelle biomimétisme : elle consiste à transposer dans notre monde technologique les solutions développées et sélectionnées par le Vivant pendant des millénaires. Elle est souvent synonyme de réduction des impacts environnementaux, car la Nature repose sur un modèle circulaire, économe et fondé sur les ressources locales. De ce fait, elle nous offre un formidable catalogue d’idées et de solutions pour éco-innover.

Dans son livre Biomimétisme paru en 2011, Janine Benyus identifie les grands principes de la Nature. Nous les mettons ci-dessous en regard des principes d’éco-conception, auxquels ils s’associent parfaitement :

Pour mettre en pratique le biomimétisme, nous proposons trois échelles ou niveaux d’application :

  • Au niveau microscopique, nous pouvons imiter des procédés de fabrication de matériaux, ainsi que les structures de matériaux associées à des fonctionnalités particulières,

  • Au niveau macroscopique, nous pouvons imiter les formes observées chez les êtres vivants,

  • et enfin au niveau des organisations et des systèmes complexes, nous pouvons nous inspirer des modes d’organisation des êtres vivants.

Les trois exemples ci-dessous illustrent ces trois échelles :

Les diatomées ont ainsi inspiré l’élaboration d’un procédé de chimie douce pour produire du verre à température ambiante. En effet, ces micro-organismes unicellulaires sont capables de collecter la silice dissoute dans l’eau afin de fabriquer leur coque de protection en verre, adaptée à leur morphologie. La reproduction de ce système dans la technosphère permet aujourd’hui de produire des revêtements, utilisés notamment pour les semelles de fer à repasser afin que celles-ci glissent mieux. Le recours à cette chimie douce évite la consommation de grandes quantités d’énergie liées à la production du verre en général, et permet d’utiliser plus aisément ce matériau pour de nouvelles applications.

La forme des ailes des rapaces a quant à elle inspiré les winglets – le bout relevé des ailes d’avions. Ceux-ci permettent de limiter les turbulences résultant des vortex créés par les masses d’air circulant autour des ailes. Cela a pour effet de réduire les consommations de carburant et d’augmenter le confort de voyage.

Enfin, les fourmis et leur mode de déplacement ont inspiré l’application Waze, célèbre outil GPS qui collecte les informations de circulation des conducteurs et les retransmet aux autres usagers afin de fluidifier le trafic. Cela a été imaginé en observant les fourmis déposer des phéromones sur leur chemin pour transmettre diverses informations à

leurs congénères.

La fluidification du trafic permet aux usagers de gagner en temps de circulation mais aussi d’économiser du carburant.

L’étude de la nature nous ouvre un champ infini de ressources extrêmement précieuses pour relever les défis de ce siècle. Confrontés à des enjeux environnementaux majeurs, nous devrions avoir aujourd’hui systématiquement le réflexe de tirer des enseignements de la Nature, pour nourrir tous les projets de conception et d’innovation, et limiter ainsi nos impacts sur la biosphère.

Pour approfondir le sujet et satisfaire votre curiosité, consultez le site www.asknature.org, qui présente des centaines d’exemples de biomimétisme.


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