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  • Gentiane Gastaldi

L'éco-conception, permaculture de la technologie


La permaculture est à la fois une éthique, une philosophie, une science et une méthode de conception/aménagement/planification/organisation de systèmes, dont la préoccupation fondamentale est l'efficacité, la soutenabilité/régénérativité et la résilience.

L'éco-conception, de son côté, est une méthode de conception d'un produit (bien ou service) permettant d’intégrer les critères environnementaux dans la phase de conception afin d’en diminuer les impacts tout au long de son cycle de vie (de l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie).

En somme, la permaculture c'est l'éco-conception de l'agriculture et l'éco-conception, c'est la permaculture des produits et services !

Les principes de la permaculture, développés par Bill Mollison et David Holmgren résonnent fortement avec certains principes ou pistes d'éco-conception. Nous en détaillons quelques-uns ci-dessous en montrant comment ils s’appliquent à la permaculture et à l'éco-conception.

  • « Chaque élément doit avoir plusieurs fonctions » :

  • Une haie, en fonction des essences la constituant permet à la fois de briser le vent, accueillir des insectes auxiliaires, des oiseaux, produire des fruits et fixer de l'azote.

  • En éco-conception, le même principe existe, il consiste à augmenter la fonctionnalité du produit, le service rendu. Par exemple, les couteaux suisses proposent sur un même couteau plusieurs outils pour répondre à différents besoins : lame, ciseaux scie à bois, règle, loupe, tournevis, lime...Ce produit remplit la fonction de plusieurs objets, ce qui limite leur nombre, et donc les impacts environnementaux qui en découlent.

  • « Prévoir l’efficacité énergétique de notre design » :

  • Ce principe incite tout d'abord à limiter les pertes ou les fuites énergétiques. Par exemple, il est nécessaire de tracer une carte hydrologique de son terrain avant d'y installer les cultures et arbres pour éviter que ne se perde l'eau qui ruisselle et maximiser son utilisation.

  • En amont de la conception d'un produit, se poser des questions sur l'ensemble du cycle de vie permet de cibler les impacts environnementaux les plus importants pour orienter la conception vers un impact moindre. Par exemple, l’analyse d’un ordinateur fait apparaître la contribution importante de la consommation d'énergie en phase d'utilisation, qui devient alors un axe d’amélioration prioritaire.

  • « Ne pas produire de déchets »

  • Tout écosystème naturel ne produit pas de déchet : les feuilles mortes tombent sur le sol et nourrissent les décomposeurs du sol : bactéries, champignons, petits animaux décomposeurs qui les transforment en humus. En permaculture, de la même façon, on valorise les biodéchets grâce au compost pour les transformer en matière organique.

  • L’éco-conception vise à limiter toutes les pertes de matière et d’énergie. Les déchets sont une perte de matière première, que l’on va chercher à supprimer. Par exemple, la mise en place des emballages consignés permet de réemployer plusieurs fois les emballages et de réduire les déchets qui en sont issus et les impacts environnementaux liés à leur gestion et à la fabrication de nouveaux emballages.

  • « Intégrer plutôt que séparer »

  • Les solutions à un problème localisé doivent être trouvées dans la globalité : par exemple un problème de limaces dans un potager est sûrement dû à un manque de prédateurs (canards).

  • Cela revient à la notion de sur-système dans l'éco-conception : L'expérience montre que des solutions à fort bénéfice environnemental apparaissent lorsqu'on explore les sur-systèmes dans lesquels s'insère le produit. C'est par exemple le cas de l'éco-conception du meuble multimédia destiné à supporter un écran plat et des périphériques, télévision, son, vidéo. Les premières pistes d'éco-conception identifiées (différents matériaux, moins de pieds pour le meuble etc.) permettaient un gain environnemental de 15 à 25%. En considérant le système global (avec les périphériques et les câbles électriques), l'idée d'intégrer un interrupteur facile d'accès et attractif pour permettre à l'utilisateur de couper la veille des appareils a permis de diviser les impacts environnementaux considérablement (gain de 300%).

  • « Capter et stocker l’énergie »

  • Tous les êtres vivants fonctionnent à l'énergie solaire (exception faite de la crevette des abysses alimentée par des bactéries oxydantes et l'humain du XXIème siècle dépendant des énergies fossiles). Ce principe de permaculture incite par exemple à concevoir des maisons bioclimatiques en bénéficiant de l’apport direct du rayonnement solaire pour réchauffer sa maison.

  • La consommation d'énergie est souvent un poste d'impact environnemental important. Un des principes d'éco-conception revient à ne pas perdre d'énergie : Lorsque le train freine, il produit une force cinétique importante qui peut être réutilisée pour l'aider à se relancer (réaccélération).

  • « Utiliser et valoriser les services et les ressources renouvelables »

  • Toutes les forêts gérées durablement génèrent un surplus de bois bon marché qui lorsqu'il est séché correctement (séchage solaire) constitue une ressource locale pour le chauffage et la cuisson. De plus, cet arbre ou cette forêt permettent de prodiguer de l'ombre et un abri si nécessaire ; il peut être valorisé de multiples façons.

  • En éco-conception, mobiliser l’énergie des usagers d'un service permet parfois d'en réduire fortement les impacts. Par exemple, les usagers du Vélib à Paris reçoivent gratuitement du temps d'utilisation supplémentaire s'ils montent garer leur Vélib en haut des pentes au lieu de les stationner en bas. Cela évite au gestionnaire des Vélib d'utiliser des camions pour désengorger les stations du bas pour remplir celles du haut. On "valorise" ainsi l'utilisation de l'humain et de sa force motrice.

  • « Utiliser et valoriser la diversité »

  • La polyculture permet une coopération entre les différentes plantes mais également une limitation des risques face aux ravageurs, aux maladies et aux aléas climatiques.

  • En éco-conception, ce principe se décline au niveau du produit et au niveau de l’équipe de conception. Par exemple, pour éviter d’avoir à remplacer prématurément l’ensemble des chaises d’une salle de réunion si l’on souhaite augmenter le nombre de sièges et que la couleur de l’assise n’est plus disponible auprès du fabricant, il est préférable de choisir dès le départ une diversité de coloris assortis, ce qui permettra ultérieurement d’en ajouter un nouveau. Au niveau de l’équipe de conception, la diversité est valorisée car celle-là sera d’autant plus créative qu’elle rassemblera des profils différents - de fait il faut rassembler une équipe pluridisciplinaire pour assurer le succès d'un projet d'éco-conception.

L'approche permaculturelle rejoint l'éco-conception et permet d'ouvrir une perspective inspirante pour repenser le design de ces produits et services et développer des modèles économiques nouveaux et alternatifs et créateurs de valeur partagée.

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